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Stephen Boucher dans La Tribune:La voiture "propre" n'existera jamais

le 19 Octobre 2006 à 09:54
Article par Stephen Boucher
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« Propre », « verte », « écologique » ou « non polluante », la liste des adjectifs valorisants attribués à la voiture croît parallèlement aux dég ts environnementaux qu'on lui attribue. La surenchère du vocabulaire ne doit pourtant pas faire oublier qu'aucune voiture ne sera jamais « propre ».

Hasard du calendrier révélateur de nos désirs et craintes contradictoires, la France accueille à quelques jours d'intervalle le Mondial de l'Automobile - le « mondial du rêve » clament les publicités - et l'ancien vice-président américain Al Gore, nouveau pape mondial de la lutte contre le changement climatique, venu présenter son documentaire militant, « Une vérité qui dérange ». Au fur et à mesure que la société prend conscience de la gravité du réchauffement de la planète et du fait que les déplacements individuels y contribuent, les constructeurs automobiles multiplient les annonces sur la propreté des véhicules mis sur le marché.

L'argument écologique était partout manifeste au Mondial : prototypes futuristes à l'hydrogène, modèles « hybrides », au « flexfuel », « bio-flex », « bioéthanol » et autres biocarburants étaient à l'honneur. Même les 4x4 et les voitures de luxe arboraient le badge « vert ».

Et pour cause, les agences de publicité estiment que l'argument écologique est celui qui est promis à l'avenir le plus florissant. Tel le judoka utilisant la force de son adversaire, les publicitaires réussissent à faire de la préoccupation des consommateurs pour l'environnement un nouvel argument de vente. « Elle n'en a pas l'air, pourtant ceci est une voiture verte », affirme un slogan. Un mouton nettoie la carrosserie d'une voiture dans une réclame TV. Les firmes japonaises communiquent sur le thème de la propreté pour leurs hybrides"¦ C'est l'arbre qui cache le parc automobile, où la cylindrée moyenne en Europe a augmenté de plus de 10 % depuis 10 ans, la puissance maximum moyenne de presque 30 %.

La confusion est délibérée. La technique progresse, mais la pollution aussi. Aujourd'hui, rappelons-le, la voiture, C'est près d'un tiers des émissions de gaz à effet de serre en Europe, et 70% des émissions dues aux transports. Avec le transport aérien, C'est la source d'émissions qui croît le plus vite.

Après la voiture « propre », la cigarette « saine » ?

Pour mériter le qualificatif « propre », une automobile devrait en théorie n'avoir aucun impact environnemental à son point d'utilisation. Mais C'est physiquement impossible. Il n'y a pas plus de voiture « propre » que de « cigarette saine » : même si l'on parvient un jour à les rendre quasi-inoffensives au pot d'échappement - avec une pile à hydrogène par exemple n'émettant que de l'eau et des polluants en faible quantité -, il faudra considérer toute la chaîne de vie des véhicules. Comment le carburant est-il produit ? l'hydrogène devra provenir des énergies renouvelables pour ne pas contribuer à l'effet de serre. Et le biocarburant dont s'entichent Aujourd'hui nos dirigeants pollue, « du puits à la roue », presque autant qu'un diesel moderne. Comment sont construites et détruites les 500 millions de voitures - demain 1,5 milliard - en circulation dans le monde ?

La confusion va plus loin. On ne voit jamais les voitures dans les publicités circuler dans leur environnement habituel - des routes congestionnées - mais dans des paysages grandioses. Serait-elle « verte », la voiture prendrait tout de même toujours quatre fois plus de place par passager transporté que le train. Depuis dix ans, la France a connu une augmentation spectaculaire de 12% des infrastructures de transport. Qui dit plus d'infrastructures, dit bien sûr plus de déplacements, et moins de « propreté ».

En laissant croire que nos constructeurs s'occupent de tout et que la technologie résoudra nos problèmes comme par magie, non seulement on infantilise les citoyens, mais on masque aussi ce qui importe, à savoir l'impossibilité physique de laisser les déplacements individuels augmenter à l'avenir comme par le passé. Ces messages encouragent la consommation, tandis qu'on devrait parler économies d'énergie et transports en commun.

L'Etat n'échappe pas à ces contradictions. Le gouvernement annonce lundi 6 octobre un ambitieux plan de réduction par 4 des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050, mais le Ministère de l'Equipement prévoit de poursuivre son programme de construction d'autoroutes sur les vingt prochaines années au même rythme qu'au cours des décennies passées. Il introduit une taxe limitée sur les émissions de CO2 des voitures les plus puissantes, mais demande aux entreprises d'offrir un « chèque transport » aux employés. l'Union européenne peine à adopter une tarification harmonisée - pour les poids lourds, un jour pour les voitures - comme l'a fait la Suisse. Certes, toute activité humaine a un impact sur l'environnement et le succès de l'automobile est à la mesure de la mobilité individuelle qu'elle a permis. Mais cessons les simplifications abusives qui freinent l'évolution nécessaire des mentalités et des politiques. La voiture ne sera jamais propre. Voilà une autre vérité qui dérange.

 

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