Helsinki
Bruxelles
Lisbonne
Actualités et Archives de Jacques Delors
Actualités & Archives de
Jacques Delors
Accéder
Soutenez l'Institut Jacques Delors !
Cliquez ici
S'inscrire à la newsletter
S'inscrire à la newsletter
Consulter les newsletters
AGENDA
Chercher
Thèmes :
Choisir...
Choisir un thème
Types :
Choisir...
Choisir un type
Dates :
Choisir...
Valider
Union européenne et Citoyens

Jacques Delors insiste sur la solidarité et la différenciation, mention dans l'Agence Europe

le 31 Mai 2003 à 00:00
Imprimer
Envoyer par e-mail

La Convention "a réussi son pari, puisque, selon toute vraisemblance, 80-90% des conventionnels donneront leur aval à un projet. Le fait qu'elle n'ait pas éclaté, que ce ne soit pas un projet avec des options est très important vis-à -vis des gouvernements, qui étaient pour la plupart sceptiques ou méfiants envers la Convention. En outre, elle a eu le mérite d'élargir le champ des citoyens qui s'intéressent à l'Europe et de faire éclater les murs" derrière lesquels travaillent les "happy fews". C'est ce qu'a dit, mercredi, lors d'une conférence organisée par The European Policy Centre, l'ancien président de la Commission Jacques Delors. Cependant, il a mis l'accent sur certaines faiblesses des travaux de la Convention à ce stade : "sur l'Union économique et monétaire, zéro, sur le social, ce ne sont que de bons sentiments", a-t-il déploré. "On est dans une vision strictement institutionnelle, il n'y a pas d'interrogation politique", dit-il, en mettant en garde : - "il ne faut pas être généreux et pleins de bonne volonté dans le préambule si, dans les politiques, ça ne suit pas". Autre avertissement : il faut dissiper "une ambiguà¯té qui va causer des ennuis", et préciser si, à la suite de l'insertion de la Charte des droits fondamentaux dans le traité, la Cour de Justice de l'UE pourra traiter "tous les appels", ce qui "mettrait en cause le rôle des Cours constitutionnelles nationales et entraînerait le risque de (...) tensions entre les Etats" (un problème sur lequel Londres a attiré l'attention à la Convention : NDLR).


M. Delors a tenu à souligner son sentiment de "bonheur" pour l'élargissement de l'UE, mais aussi les "doutes" que suscite "la dialectique entre élargissement et approfondissement". Et il se souvient : "Cela avait démarré au Conseil européen de Lisbonne, en 1992. Face à toutes les demandes d'adhésion, la Commission avait dit qu'il fallait peut-être regarder l'architecture de la maison ; on m'a répondu que c'était une réflexion un peu technocratique, et qu'il fallait aller de l'avant". Dans ces conditions, M.Delors réitère sa conviction que dans "la grande Europe, celle des 27", il faudra "se contenter d'objectifs raisonnables, et pourtant ambitieux : si en 2015 on a réussi à b tir "un espace de paix, de respect des autres, à créer un cadre de développement durable et équitable (avec un minimum de solidarité) et à dynamiser la diversité culturelle" de l'Europe, les historiens diront que la grande Europe a réussi, alors que "vouloir aller plus loin provoquerait des conflits sans fin". Si on n'aura pas montré à l'égard des nouveaux Etats membres un degré de solidarité "à la hauteur de ce que nous avons fait pour l'Espagne, on aura raté le pari", estime M.Delors, qui lance : "l'Espagne, lorsqu'elle essaie de prendre cela en otage, doit se souvenir de l'Evangile, qui dit que quand les nouveaux arrivent il faut se serrer pour faire de la place"."Il faut insister sur la solidarité entre Etats", et rappeler les énormes sacrifices faits par les futurs membres pour entrer dans l'Union, affirme M. Delors. Et Stanley Crossick, fondateur du EPC, a souhaité qu'on puisse voir davantage de solidarité entre Etats dans ces dernières semaines de travail de la Convention que pendant l'année écoulée.

Dans cette Union élargie, il faudra "un bon usage de la différenciation", répète Jacques Delors, qui souligne : "la différenciation, ce n'est pas l'Europe à deux vitesses (...). Sans différenciation, nous aurons peut-être un jour une crise grave, une crise d'immobilisme". Cependant, il reconnaît "qu'il n'y a pas d'appétit pour cela", en ce qui concerne la gouvernance économique par exemple. Et, en rappelant que, alors qu'il n'était plus président de la Commission, il avait proposé sans succès un "pacte de coordination des politiques économiques" des pays de la zone euro, il se demande : "faut-il que les pays de l'UEM fassent une coopération renforcée ?". Dans la PESC, "il y a encore moins d'appétit" pour les coopérations renforcées, car les grands pays aiment discuter à vingt-cinq, mais se retrouvent ensuite à trois ou quatre, en estimant qu'ils peuvent continuer à "faire comme à l'époque de Metternich", note M. Delors, pour qui "il faut casser cette hypocrisie ». Selon lui, le futur traité devrait dire que "chaque fois que des pays ont un intérêt commun, ils décident une action commune,et les deux ou trois qui ne sont pas d'accord recourent à l'abstention constructive".

"Le nom de ministre ne me plaît pas, il vient trop tôt", avoue M.Delors à propos d'un futur ministre européen des Affaires étrangères, en notant que Valéry Giscard d'Estaing lui a dit que "le ministre créera la fonction". Le fait de doter ce ministre d'une double casquette est "une bonne chose", se félicite M.Delors, en ajoutant : "je rêve que les futurs MM. Solana et Prodi mettent tout dans la même main", de sorte que l'Union, dans son action extérieure, puisse "utiliser tous ses atouts", tous ses instruments, "comme un pays".


Quant à une présidence stable du Conseil européen, il faudra qu'elle "ne constitue pas une administration propre dans les années qui suivent", estime M. Delors, qui souligne que "la méthode communautaire, la continuité, C'est le couple Conseil/Commission, avec le Conseil Affaires générales qui se réunit régulièrement, clarifie l'agenda", alors que le Conseil européen décide les grandes orientations. La Commission "est là tous les jours, au service des Etats", souligne-t-il. "Auriez-vous peur de présider une Commission de 25 membres ou plus ?". A cette question, M. Delors répond : "franchement, non". Car chaque Etat membre veut son Commissaire "non pas par coquetterie, mais parce qu'il peut l'appeler, se faire expliquer comment ça marche à la cuisine". Les Représentants permanents en sont peut-être malheureux, admet M. Delors, mais ceci compense les inconvénients d'un collège élargi.


Enfin, M. Delors souhaite une voix unique de l'UE dans des enceintes comme le FMI ou la Banque mondiale. Selon lui, "il devrait y avoir entre les grandes monnaies presque un nouveau système de change relativement fixe", et "il n'est pas normal que l'Europe soit totalement victime" des oscillations du dollar.

Contact - Plan du site - Mentions légales - Jobs
Institut Jacques Delors - 19, rue de Milan - 75009 Paris - Tel. +33 1 44 58 97 97 - Email : info@delorsinstitute.eu
Jacques Delors Institut – Berlin, Pariser Platz 6, 10117 Berlin
Powered by Walabiz
Les cookies assurent le bon fonctionnement de notre site internet.
En utilisant ce dernier, vous acceptez l'utilisation des cookies.