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La présidence britannique placée sous le signe de l"efficacité

le 12 Juillet 2005 à 00:00
Etude par Paul Riseborough et Anand Menon

Lorsque Notre Europe a mis en chantier cette étude, qui s'intègre dans un cycle désormais consolidé de réflexion sur les ambitions des présidences successives, rien ne paraissait destiner le semestre de présidence britannique à un éclat particulier. Les signaux en provenance de Londres laissaient entrevoir un souci de pragmatisme. La méfiance de l'opinion semblait interdire toute grande initiative : l'essentiel de l'effort paraissait donc devoir porter sur des dossiers sur lesquels des résultats tangibles pouvaient être espérés, comme l'environnement ou la coopération au développement, en s'appuyant sur une des forces traditionnelles de la Grande-Bretagne, la qualité de son "civil service".


Quelques mois plus tard, la perspective a changé du tout au tout. Après un pari audacieux, le Premier ministre Tony Blair a réussi là où tous ses prédécesseurs travaillistes avaient échoué : obtenir des électeurs un troisième mandat. Le rejet du projet de Constitution par la France et les Pays-Bas a mis à mal un processus « constitutionnel » que le gouvernement britannique n'avait accepté que du bout des lèvres, écartant du même coup l'hypothèque d'un référendum que tous les sondages annonçaient comme un exercice extrêmement périlleux. Disposant ainsi d'une ressource rare en politique, le temps, Tony Blair voit ainsi s'ouvrir devant lui des possibilités de manoeuvre inattendues. Dans le même temps, toutefois, les difficultés se sont accumulées. La situation en Iran et en Iraq interpelle l'Union quant au rôle qu'elle entend jouer sur la scène internationale.


L'échec de la négociation sur les perspectives financières a montré combien il est difficile pour les 25 de s'entendre sur des ambitions communes et sur les moyens d'y parvenir. Les frustrations et les inquiétudes mises à jour au cours des campagnes référendaires appellent une réflexion et une réponse - tout comme la question des frontières de l'Union, que l'ouverture des négociations avec la Turquie va mettre à l'ordre du jour. A l'évidence, le semestre qui s'ouvre ne pourra pas être simplement à l'enseigne du « business as usual ». Un des mérites des auteurs de cette étude est d'avoir su réagir avec rapidité à ce changement radical du contexte dans lequel intervient la présidence britannique. Remettant sur le métier leur ouvrage, ils nous livrent ici plusieurs clefs qui nous permettent de mieux comprendre les enjeux d'une période qui s'annonce riche en incertitudes. A l'évidence, soulignent-ils avec raison, une machine aussi complexe que celle de l'Union ne peut pas changer de cap sur le champ. Elle va pourtant devoir faire face à des défis inattendus. La façon dont Londres choisira d'y répondre pourrait bien être déterminante pour sa place en Europe, voire même pour l'avenir de l'Union.

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