Helsinki
Bruxelles
Lisbonne
Actualités et Archives de Jacques Delors
Actualités & Archives de
Jacques Delors
Accéder
Soutenez l'Institut Jacques Delors !
Cliquez ici
S'inscrire à la newsletter
S'inscrire à la newsletter
Consulter les newsletters
AGENDA
Chercher
Thèmes :
Choisir...
Choisir un thème
Types :
Choisir...
Choisir un type
Dates :
Choisir...
Valider
Publications

Copenhague : beaucoup d'énergie dépensée et en fin de compte quel bilan pour les Européens ?

le 21 Décembre 2009 à 18:02
Imprimer
Envoyer par e-mail

Il était difficile il y a quelques jours encore de dire quel pouvait être un accord satisfaisant, alors qu'à l'objectif d'un accord contraignant s'opposait d'entrée de jeu l'un des deux plus grands émetteurs de gaz à effet de serre (GES), les Etats-Unis, et qu'à celui de la « transparence » (qui visait à autoriser le contrôle des réduction d'émissions par des inspecteurs internationaux) s'opposait l'autre, la Chine. Qui plus est, l'effort que les différents Etats étaient prêts à engager pour réduire leurs émissions de GES sont restés difficiles à comparer puisqu'aux différentes années de référence invoquées, 1990 ou 2005, s'ajoutait le fait qu'il était, selon les cas, question de réelle réduction d'émissions ou de simple réduction de l'intensité carbone - ce qui n'a pas du tout la même implication et peut encore induire, comme dans le cas de la Chine, une augmentation continue des émissions de GES.

Compte tenu de la complexité de cette négociation internationale sans précédent - qui a mêlée la défense du bien public mondial qu'est la stabilisation du climat à des enjeux économiques et financiers très concrets et qui a mobilisé dans un même mouvement responsables politiques, acteurs économiques et l'ensemble des sociétés civiles -, que pouvait alors attendrent les Européens ?


D'une part, au delà de la volonté de ne pas être les seuls à poursuivre leurs efforts sans quoi l'objectif climatique resterait bien entendu vain, ils attendaient que l'accord final de Copenhague leur donne le maximum de visibilité sur le contexte international dans lequel ils opéreront leur transition vers une croissance verte dans les années à venir. Puisque les Vingt Sept se sont engagés il y a un an sur les « 3X20 pour 2020 » du Paquet énergie climat, il leur faut anticiper les risques de dumping environnemental que les entreprises européennes pourraient subir de la part des producteurs des Etats tiers qui n'ont pas les mêmes exigences environnementales. Si les engagements contraignants sur les émissions de GES, et le partage de la charge financière des aides apportées aux pays les moins avancés étaient de ce point de vue essentiels, C'est qu'ils devaient être le témoignage d'une réelle bonne volonté et de mobilisation de l'ensemble des pays de la planète.

A la solidarité européenne affichée sur cet enjeu a cependant répondu chez nos partenaires commerciaux un climat de méfiance réciproque qui n'offre encore à ce stade que peu de garanties sur leur engagement à court terme.


D'autre part, les Européens voulaient affirmer leur leadership dans la lutte contre le changement climatique. d'une certaine façon, ils y sont parvenus avec éclat puisqu'ils restent les plus engagés - et cela malgré des taux de croissance économique quasi nuls qui rendront l'effort plus dur encore -. Mais ils peuvent légitimement avoir le sentiment que les dernières heures de la négociation leur ont échappé au profit notamment des Etats-Unis et de la Chine, qui ont eu un intérêt réciproque à minorer la portée de la déclaration politique finale. La Chine, qui a su utiliser son appartenance au G77 pour justifier ses réticences, est pourtant en passe de devenir un producteur de technologies vertes très concurrentiel et pèsera lourdement dans les négociations à venir, à la fois et de manière paradoxale comme plus gros émetteur mondial de GES et comme potentielle puissance technologique verte (elle est déjà le quatrième producteur mondial d'éoliennes et le deuxième en taux d'équipement éolien).


Sans l'impulsion initiale donnée par la posture ambitieuse des Européens, il est probable que l'on n'aurait pas abouti à cette mobilisation inédite des plus grands chefs d'Etat de la planète pendant les dernières 24h de discussion acharnée. Le déroulement de la négociation montre cependant que l'enjeu climatique est en passe de devenir un levier central de redistribution de la puissance non seulement économique mais aussi géopolitique sur la scène internationale : il instaure de nouveaux rapports de force entre les économies développées et les pays émergents, tout comme entre les sociétés civiles et leurs dirigeants. l'Europe, qui bénéficie d'une avance sur le dossier climatique, devra continuer à défendre son leadership en mettant une croissance verte durable au coeur de ses préoccupations.



Contact - Plan du site - Mentions légales - Jobs
Institut Jacques Delors - 19, rue de Milan - 75009 Paris - Tel. +33 1 44 58 97 97 - Email : info@delorsinstitute.eu
Jacques Delors Institut – Berlin, Pariser Platz 6, 10117 Berlin
Powered by Walabiz
Les cookies assurent le bon fonctionnement de notre site internet.
En utilisant ce dernier, vous acceptez l'utilisation des cookies.