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Union européenne et Citoyens

Paris, 28 mars 2009 - Appel L'Europe d'après, c'est maintenant!

le 27 Mars 2009 à 15:33
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Les crises actuelles posent avec une acuité inconnue depuis les lendemains de la deuxième guerre mondiale la question d'une nouvelle gouvernance mondiale efficace qui favorise plus d'équité, de justice et de responsabilité à l'égard des générations futures. Le sentiment d'urgence est d'autant plus fort que les opinions publiques ont enfin pris conscience de la raréfaction des ressources naturelles de la planète et des conséquences que cela peut entraîner pour la paix, la démocratie et la prospérité. A l'heure présente, l'Europe constitue le seul laboratoire concret de cette future gouvernance dont la planète a besoin. La responsabilité des Européens, celle des chefs d'Etat et de gouvernement, mais aussi plus largement la nôtre en tant que citoyens de l'Union, est donc immense. Soit nous Européens réussissons à prouver que des Etats qui ont des modèles politiques, socioculturels et économiques proches, qui ont institutionnalisé leur coopération dans le cadre de l'Union européenne et dont les sociétés partagent largement les mêmes valeurs fondamentales, sont capables de faire preuve d'unité et d'apporter des réponses efficaces aux crises présentes, C'est-à -dire d'aller au-delà d'une vague coordination de réponses nationales souvent inadaptées et insuffisantes. Soit nous échouons et nous acceptons en connaissance de cause d'abdiquer toute influence sur la définition du monde du XXIème siècle.


Aujourd'hui, une génération d'Européens s'inquiète, celle qui a entre 30 et 45 ans et dont l'événement politique majeur aura été la chute du mur de Berlin il y a tout juste vingt ans. C'est également la génération Erasmus, la première à avoir bénéficié du programme étudiant européen du même nom qui a permis à plus d'un million et demi de jeunes Européens de prendre conscience de la puissance collective que représente l'Union européenne. La crainte de cette génération, la nôtre, C'est que faute de leadership, faute d'ambition partagée, faute de capacité à penser l'intérêt général européen, l'Europe fasse finalement par négligence le choix de l'abdication. l'insuffisance de visions politiques des institutions européennes mais aussi des Etats-membres nous préoccupe particulièrement à un moment où, pour être influents, les Européens devraient faire le choix de l'exemplarité en prenant toutes les décisions collectives nécessaires pour sortir de la crise et préparer une relance européenne durable. Les décisions trop souvent nationales qui sont actuellement prises sont coûteuses et largement inefficaces. Elles contribuent à un endettement massif des générations futures. Notre conviction, C'est que « L'Europe d'après la crise » se prépare maintenant. Les Européens doivent se mettre en ordre de marche et être en mesure de dépasser leurs intérêts de court terme et leurs orgueils nationaux. A moyen terme, des institutions plus fortes, mieux incarnées avec un vrai capitaine à la tête de l'Europe sont indispensables. C'est chose possible avec les institutions du traité de Lisbonne, si sa ratification est enfin achevée. Sans le rendre obligatoire, elles autorisent le cumul des fonctions de président du Conseil européen et de président de la Commission européenne, ce dernier pouvant s'appuyer sur des services puissants ayant un pouvoir budgétaire non négligeable. C'est à notre avis la condition pour qu'un leadership politique émerge. Car sinon comment le futur président stable du Conseil européen qui n'aura ni administration ni budget pourra-t-il exercer une impulsion politique quelconque ?


A court terme, la première urgence, C'est, à la veille du G20, de définir une stratégie européenne pour réguler le secteur financier mais aussi organiser une relance économique durable. Cela passe par une régulation financière plus efficace et moins pro-cyclique, la création d'une autorité de supervision bancaire européenne, un code éthique européen garantissant la transparence des rémunérations les plus élevées. Une action coordonnée pour baisser temporairement la tva et plus largement les taxes pesant sur les services de proximité non intensifs en importations est également essentielle pour préserver des dizaines de milliers d'emploi de proximité en Europe. Mais l'enjeu économique, C'est aussi que les Européens à l'instar des Américains soient en mesure d'investir l'avenir et donne toute la priorité politique à la R&D et en particulier au développement durable, ce qui passe par la nomination d'un vice-président de la Commission européenne en charge du développement durable ainsi que la mise en chantier d'un plan européen de formation aux métiers favorisant la croissance verte. Son financement pourrait d'ailleurs être assuré par les marges existantes du budget européen. Plus largement, pour être en mesure de faire les investissements nécessaires, l'Europe doit se doter d'une capacité d'emprunts collective qui requiert une solidarité financière renforcée.


Ces initiatives supposent en amont une exemplarité franco-allemande retrouvée qui sans être suffisante demeure indispensable. La vertu principale du couple franco-allemand, C'est sa capacité à entraîner l'ensemble des autres pays de l'Union. C'est son intérêt essentiel, cela doit être son objectif fondamental. Français et Allemands doivent avoir le courage de renforcer la coordination de leurs politiques économiques, fiscales et sociales. s'ils veulent vraiment réussir ce rapprochement, les gouvernements des deux pays devront associer étroitement leurs parlements respectifs eu égard au rôle décisif des assemblées parlementaires allemandes dans la définition des orientations économiques. Nous croyons également que la France et l'Allemagne devraient prendre de nouvelles initiatives spectaculaires - ouvertes à touts les pays qui en partagent les objectifs et la méthode - comme elles l'ont fait il y a près de 60 ans avec la création de la Communauté européenne de charbon et de l'acier. A cet égard, un rapprochement des directions du Trésor française et allemande en favorisant une gestion commune de la dette publique des deux pays serait de nature à accélérer la coordination de deux économies et permettrait de mettre en place un embryon de gouvernance économique pour la zone euro.


Au moment où les élections européennes se rapprochent, l'ensemble de ces enjeux doivent être abordés publiquement et donner lieu à un débat ouvert et ambitieux. Faute de volonté politique, nous sommes conscients de la nécessité de rassembler tous ceux qui dans la société civile, dans les administrations nationales et européennes, dans les médias, dans les syndicats, dans le monde politique partagent nos convictions et notre approche pour pouvoir peser sur l'avenir collectif des Européens dans un sens qui est celui de l'humanisme et des Lumières dans la droite lignée d'Erasmus dont nous sommes en quelques sortent les héritiers.


Les enfants d'Erasmus


  • Cynthia Fleury (présidente d'EuropaNova, professeure de philosophie politique),
  • Guillaume Klossa (président fondateur d'EuropaNova, conseiller du secrétaire d'Etat français chargé des Affaires européennes pendant la PFUE),
  • Sandro Gozi (député, ancien conseiller du président de la Commission européenne, italien)
  • Christian Mandl (entrepreneur, fondateur de SkyEurope, autrichien et belge),
  • Joaquin Munoz (directeur général de Max Havelaar, espagnol),
  • Matthieu Pigasse (auteur du « Monde d'après », banquier),
  • Gaëtane Ricard Nihoul (Secrétaire générale de Notre Europe, belge),
  • Ivan Stefunko (directeur du réseau euractiv, slovaque),
  • Thomas Klau (éditorialiste FT Deutschland, allemand)

Cet article a été publié dans le Journal Le Monde du 28 mars 2009



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