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Né à Paris en 1925, Jacques Delors après une carrière au Commissariat Général du Plan, ...
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Jacques Delors dans Kathiremini : "La Grèce avait besoin de 2 ou 3 ans avant d’entrer dans la zone euro"

le 04 Février 2014 à 10:40
Entretien par Jacques Delors
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Jacques Delors, notre président fondateur, a accordé au journal grec Kathiremini une interview sur la situaton de la Grèce, le 2 février 2014.


Voici la traduction en français:


Ses convictions, ses engagements et sa vision pour l’Union européenne lui ont valu le surnom du « père de l’Europe ». Ancien ministre des finances et président de la Commission européenne de 1985 à 1994, Jacques Delors disait cependant en 2011 que l’Europe et l’euro étaient « au bord du gouffre ». Aujourd’hui, il se confie en exclusivité à K à l’occasion de sa venue à Athènes pour le congrès de K et du magazine le Nouvel Observateur « Osez pour la démocratie » les 6 et 7 février au Mégaro Mousikis.


Quel regard portez-vous sur la Grèce aujourd’hui ? Pourquoi pensez-vous que ce pays en est arrivé là ? Y a-t-il une part de responsabilité de l’Europe ?

Tout d’abord une vérité de bon sens est à rappeler mais pas qui n’est pas agréable à dire : Quand les pouvoirs d’un pays font ou laisse faire des bêtises, malheureusement, il faut en payer le prix et c’est le peuple qui trinque. Comment faire autrement à moins de croire aux miracles ?

Regrettez-vous que la Grèce soit entrée dans la zone euro ? Si c’était à refaire, plaideriez-vous à nouveau la cause grecque pour une adhésion à la monnaie unique ?

Je ne regrette pas que la Grèce soit rentrée dans la zone euro parce que celle-ci représente la pointe avancée de la construction européenne. La pointe avancée, certes, mais chargée de risques. Bien sûr il est toujours facile d’émettre un avis quelques années après. Mais bien franchement si j’avais eu mon mot à dire, j’aurais suggéré que la Grèce se donne 2 ou 3 ans de plus avant d’adopter la monnaie unique.

Pourquoi ?

Parce qu’il ne suffisait pas d’atteindre plus ou moins les critères monétaires de l’adhésion, encore fallait-il penser que la Grèce aurait à faire, au sein de cette Union, à une concurrence beaucoup plus forte. La Grèce aurait donc dû commencer à muscler son appareil économique en termes de compétitivité pour pouvoir résister à la vive compétition à l’intérieur de la zone euro.

Comment voyez-vous l’avenir de la zone euro et de la monnaie unique ?

Une des bases de la réflexion des gouvernements et de la préparation de la monnaie unique a été, tout le monde le reconnait, le rapport de la Commission Delors remis au Conseil européen en 1989. Beaucoup des prescriptions de ce rapport ont été reprises. Mais comme je l’ai indiqué constamment depuis, les décisions prises en 1998 et 1999, il fallait, dans l’esprit de ce rapport, un équilibre entre la politique économique et monétaire et financière. Cela n’a pas été fait et explique en partie les difficultés de la zone euro, victime par ailleurs de la crise financière déclenchée en 2008.

Son avenir ? J’y ai répondu dans la précédente réponse. L’UEM doit marcher sur ses deux jambes, l’économique et le monétaire. Elle doit donc remédier au dysfonctionnement du schéma initial et se doter d’un véritable gouvernement économique et monétaire. Bien entendu dans le cadre des institutions et de la répartition des pouvoirs entre les différents organismes et les échelons nationaux.

Cela implique notamment qu’un même effort soit consacré dans un esprit de solidarité, à la modernisation de l’appareil de production, qu’aux données proprement monétaires et budgétaires de chaque pays.

La Grèce est présidente du Conseil européen ce semestre. Pensez-vous que le pays et le gouvernement possèdent un capital de crédibilité actuellement sur la scène européenne ?

Nous les Européens avons tous beaucoup souffert des tricheries statistiques qui ont été réalisées en Grèce et qui ont nécessité une double révision des comptes en 2004 et 2009. Nous en avons souffert car dans l’esprit des Européens convaincus, nous formons un grand ensemble marqué par la solidarité de cœur et d’action.

Depuis, la Grèce a fait des efforts considérables, sa population affronte une période très dure. Mais sur les bases actuelles je crois que la Grèce est tout à fait capable d’assurer sa présidence semestrielle tant sur le plan de son prestige que sur la compétence de ses dirigeants.

Pensez-vous que le comportement des européens, qui affirment que la Grèce doit continuer ses réformes est proportionné par rapport aux efforts fait par la Grèce ? Peut-on penser que les partenaires arriveront à s’accorder sur une éventuelle restructuration de la dette du pays ?

La Grèce s’étant engagée sur la voie pénible du redressement, tout est maintenant affaire de dosage. Il faut donc se méfier des propos généraux, des analyses sans appel de certains politiques ou commentateurs toujours aux dépens de la Grèce.

J’avais dit au début de la crise : « Il faut sauver le soldat grec ». Mais pas simplement parce que nous aimons la Grèce, mais aussi parce que sa sortie aurait été un coup très dur pour l’avenir de l’UEM.

Le pire a été écarté, me semble-t-il. Mais n’injurions pas l’avenir, qui vivra verra, et je fais confiance à la sagesse et l’esprit de solidarité des dirigeants européens, pour nous mener à bien vers l’horizon, avec la Grèce, dans une Union plus forte et plus solidaire.

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