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Guy Verhofstadt

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"La crise financière et le new age des empires" par Guy Verhofstadt

le 12 Novembre 2008 à 14:47
Tribune par Guy Verhofstadt

Il n'est pas exclu que l'année 2008 ait plus tard une place particulière dans l'histoire en tant qu'année charnière. Comme ce fut le cas avec 1989, année de la Chute du Mur de Berlin et du Rideau de Fer. Ou 1944-1945, qui sont synonymes de la fin de la seconde guerre mondiale, de la création des Nations Unies et de la signature des Accords de Bretton Woods, mais aussi de l'apparition d'une réelle compétition entre deux nouvelles superpuissances. Ou encore 1919, 1815 ou 1648, années respectivement liées au Traité de Versailles, au Congrès de Vienne et à la Paix de Westphalie. A chaque fois des évènements capitaux qui ont clôturé une ère et ouvert les portes d'une nouvelle période de l'histoire de l'humanité.

Dans le courant de l'été 2008 sont survenus presque simultanément trois évènements, tout aussi remarquables que marquants, qui - selon moi - peuvent être considérés comme des signes avant-coureurs (ou peut-être sont-ils la conséquence) d'une nouvelle régulation mondiale qui frappe à notre porte. En août, la Russie a envahi l'Ossétie du Sud, ce qui, à la surprise générale, n'a pas tant démontré qu'elle se cramponnait toujours au Caucase du Nord, mais surtout qu'elle était de nouveau prête et capable d'afficher une politique énergétique agressive et de faire front sur le plan militaire après deux décennies de faiblesse et de désintégration. Pendant ce même mois d'août, les Jeux Olympiques se sont ouverts en Chine, suivis un mois plus tard par la première sortie dans l'espace d'un astronaute chinois. Ces deux évènements ont illustré le come-back impressionnant de cet immense pays en tant que grande puissance. Il est vrai que ce retour n'est observé pour l'instant que sur le plan économique. Je dis volontairement « pour l'instant » car il serait naà¯f de croire que la marche en avant de la Chine se limitera au niveau économique. 

Après l'économie, la montée suit inévitablement dans les domaines politique et militaire. En septembre, peu après l'été, une violente crise financière a également éclaté. Bien que celle-ci couvait déjà depuis des mois aux Etats-Unis, le problème s'est aggravé lorsqu'une multitude d'institutions financières ont été contraintes de reconnaître qu'elles détenaient un ensemble de produits de crédits à très haut risque qui, de surcroît, n'étaient pas suffisamment couverts. Une méfiance acharnée s'est ainsi installée entre les banques qui ont dès lors refusé de poursuivre l'octroi mutuel de crédits. Ces crédits appelés interbancaires sont pourtant vitaux pour le secteur financier car ils permettent aux institutions financières d'accorder les pics et chutes de leurs obligations de paiement et ainsi toujours disposer de liquidités en suffisance. Dans le même temps, les pertes comptables par conséquent éprouvées ont débouché sur la vente inéluctable d'actifs qui, à son tour, a résulté en une spirale négative de nouvelles pertes et ventes. La crise du marché hypothécaire américain s'est ainsi transformée en crise mondiale de liquidités et de solvabilités sur les marchés financiers, donnant elle-même lieu à un krach et une débâcle des bourses qui touchent les institutions (compagnies d'assurance, réassureurs, fonds de pension, fonds de couverture) et qui tournent désormais en tumulte monétaire dans un grand nombre de pays. Ce tumulte touchera aussi principalement des pays en développement. 

Quoi qu'il en soit, une profonde crise économique sous la forme d'une récession mondiale reste difficilement évitable. Les premiers signes sont en tout cas déjà visibles. Il est à peine question de croissance économique. Les entreprises sidérurgiques ferment provisoirement leurs portes. Alors que les carnets de commandes s'étalaient encore sur des années il y a peu, les délais se comptent désormais en mois. Et les chiffres du chômage sont de nouveau à la hausse. 


La version anglaise est publiée par la Fondation Berteslmann

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