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Paris, 13 décembre 2007 - La mémoire, élément important pour construire l'avenir

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Jacques Delors revient sur l'importance de l'Histoire lors du débat organisé par l'Association France- Pologne pour l'Europe le 13 décembre dernier entre Jacques Delors et Bronislaw Geremek avec des jeunes européens polonais, français et allemands sur le thème : Quelles valeurs pour faire progresser la construction européenne ? 

Cette conférence s'est déroulée dans les locaux de l'Ambassade de Pologne en France" tout un symbole, puisque à la même date 26 ans plus tôt l'Etat de guerre était déclaré en Pologne et de grandes manifestations se déroulaient devant la même Ambassade pour affirmer la solidarité aux militants de Solidarnosc emprisonnés" que de progrès à mettre au crédit de l'Europe des citoyens et à ses institutions.

Jacques Delors : Bronislaw a posé la question de la dialectique entre les intérêts et les émotions. En ce qui concerne les émotions, nous sommes au plus bas. En ce qui concerne les intérêts, certains Etats ont le sentiment qu'ils pourraient s'en sortir seuls et reviennent à la diplomatie traditionnelle. s'agit-il d'un climat ? d'un changement de décor ? Après tout, l'homme européen ne vit pas seulement d'un grand marché et d'un euro. 

Je voudrais souligner l'importance d'un second point, celui de la mémoire. Je m'aperçois que celle-ci disparaît dans nos pays d'Europe de l'Ouest. Peut-on construire un futur sans mémoire ? En lisant la littérature des pays de l'autre Europe, je m'aperçois que la mémoire ne passe pas, qu'elle est toujours là , ce qui est heureux en un sens. Je crois qu'on ne fait rien sans l'Histoire. Aussi, je suis reconnaissant à ces étudiants d'avoir évoqué la paix. Si J'avais dû m'adresser à un public de jeunes, J'aurais plutôt choisi la liberté. On ne se rendra jamais assez compte des gestes inouïs qu'ont accomplis des hommes et des femmes depuis 1938 jusqu'à 1950, pour b tir les bases de l'Europe. Les uns l'ont payé de leur vie, dans la lutte contre les régimes totalitaires. Dans ce contexte, C'est un geste inouï qu'a fait Robert Schuman, sur la base duquel l'Europe s'est b tie. Hannah Arendt parle du « pardon et de la promesse ». Le pardon n'est pas l'oubli ; quant à la promesse, elle vise à dire que les fils et les filles des responsables de ces tragédies seront pleinement acceptés dans la communauté humaine. Si J'avais demain à agir dans l'ex-Yougoslavie, je tâcherais de faire comprendre cette idée centrale aux Croates, Serbes, Kosovars, Bosniaques. La mémoire est un élément très important pour construire l'avenir. Je me suis fait un devoir d'admirer et de considérer l’œuvre des Pères fondateurs, et d'affirmer, dès la chute du mur de Berlin, que les Allemands de l'Est et les autres participaient de l'Europe. Je voyais là une évidence, et toutes les précautions prises à ce moment ne me convenaient pas. 

A partir de là , on peut saluer deux grandes valeurs, la paix et la liberté. J'insisterai sur la seconde, fondement de la démocratie et de la société. l'Europe doit prendre ce flambeau. Nous avons la liberté. Que des pays nous rejoignent, ce n'est pas une charge ni un problème juridique, mais un bonheur. l'a-t-on assez fait sentir ? On rejoint ici la dialectique entre intérêts et sentiments. 


Je sais qu'aujourd'hui la réflexion autour de la notion de liberté prendra une autre forme, adossée aux autres valeurs que sont la solidarité et la fraternité. Le culte actuel de l'individu amène l'Europe à penser que celui-ci est le seul maître de son destin et de ses choix. Je rejoins là les propos de Bronislaw, et si J'avais eu mon mot à dire, les origines judéo-chrétiennes de l'Europe figureraient dans le projet de traité d'une manière explicite, avec la réforme, les lumières et aussi la présence musulmane en Europe. 

Aujourd'hui, la liberté se conjugue en droits, rarement en devoirs. Paix et liberté sont les deux mots qui comptent. Pour le reste, comme me le disait Monsieur Massé, commissaire au Plan, « l'air du temps n'est pas bon ». Il faut s'accrocher et ne rien oublier de ce que ceux qui nous ont précédés ont fait pour nous et garder la boussole qu'ils nous ont léguée. 

Lire le compte-rendu intégral du débat sur le site de L'Association France-Pologne pour l'Europe



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