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Jacques Delors sur Europe 1: "L'euro sauvé?"

le 07 Janvier 2013 à 12:09
Emission par Jacques Delors
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Samedi 29 décembre 2012, Jacques Delors a répondu aux questions d'Arlette Chabot sur Europe 1 dans l'émission "C'est arrivé cette semaine". A la question de savoir si l'euro était sauvé, Jacques Delors a répondu par l'affirmative.
Pour écouter l'émission cliquer ICI (intervention de Jacques Delors à partir de la 11ème minute)

Retranscription de l'interview:

Europe 1

Interview de Jacques Delors par Arlette Chabot

29 décembre 2012

AC : Peut-on dire que l’Europe va mieux en cette fin 2012 ?

JD : On peut dire que la zone euro semble sortir peu à peu de cette période de désordre et d’agression financière. Il y a des signes prometteurs mais il faut continuer le travail.

AC : L’euro est sauvé ?

JD : Je pense que maintenant on peut le dire.

AC : On se pose des questions sur les conséquences des plans de rigueur en Europe avec le chômage…Est-ce que c’est supportable ?

JD : Il peut y avoir des désordres sociaux parce que le prix du retour à la santé économique et financière se paye hélas avec la hausse du chômage et l’extension de la pauvreté mais ce n’est pas la faute de l’euro. Vous savez, de tout temps, quand ce sont les gouvernements qui font des bêtises se sont les peuples qui trinquent. Et supposez qu’il n’y ait pas eu l’euro et bien la facture serait aussi lourde. Avec des dévaluations répétitives…

AC : Il faut trouver des assouplissements à cette règle du retour obligatoire au 3% de déficit ?

JD : Oui dans la mesure où on arrivera à mettre en place ce qui a été décidé à ce moment là avec l’optimisme revenant il faudra faire des arbitrages entre les taux de déficits d’un côté et retour à la croissance de l’autre.

AC : La priorité ça doit être la croissance évidemment ?

JD : Bien sûr, c’est la croissance même si ce n’est pas la même qu’il y a 20 ans ; c’est une croissance qui doit prendre en compte les données de l’environnement. Il faut sauver notre mère la Terre et contrairement à ce que disent certains, un modèle de développement ; en prenant au sérieux l’environnement on pourrait créer beaucoup d’emplois et ramènerait la confiance en Europe.

AC : En cette fin 2012 vous avez jeté un pavé dans la marre en disant qu’au fond, le Royaume Uni pourrait quitter l’UE puisqu’il pioche ce qui l’intéresse et rejette ce qui ne l’intéresse pas… donc il faut qu’ils partent ?

JD : Vous savez Arlette Chabot je n’ai fait que dire tout haut ce que beaucoup de responsables pensent tout bas. Faisons l’argumentaire.

La Grande Bretagne ne fait pas partie de l’euro et n’a pas l’attention de le faire. La Grande-Bretagne ne participe pas aux efforts de solidarité que les autres pays de l’euro ont fait en faveur de la Grèce, du Portugal, de l’Irlande…La Grande-Bretagne n’a pas ratifié le traité budgétaire que la France a finalement adopté. La Grande-Bretagne s’est exclue du système de réglementation bancaire. Ce système unique auquel tout le monde aspire pour éviter à nouveau que la liberté des transactions financières et la spéculation ne mènent nos banques à faire des erreurs. C’est un système qui comporte un pare-feu mais elle n’en fait pas partie. Et enfin, je rappelle qu’en 1984 on a accordé un rabais sur sa contribution, elle paye moins que les autres. Donc voilà actuellement l’état du dossier alors que chacun réfléchisse. Bien sûr, il sera possible, si la Grande-Bretagne décide de quitter, de passer un accord, permettant en toute amitié de continuer à avoir des échanges, économiques financiers et autres, et d’autres parts, de faire peut-être des actions de politique ensemble. La question est posée.

AC : Il faut une clarification à votre avis ?

JD : Oui. Regardez ces discussions sans fin sur les perspectives financières. Alors qu’une augmentation de 5% du budget communautaire permettrait de se consacrer à la croissance et à l’emploi et de permettre ce qu’a déjà obtenu François Hollande avec le pacte de croissance.

AC : Donc au fond, on pourrait dire aux Britanniques de voter ou décider avant 2014,

JD : Moi j’ai simplement voulu dire « que chacun réfléchisse » sans faire d’esclandre en cette période de fête. Le risque c’est que la Grande-Bretagne, en obtenant satisfaction ou en bloquant, fasse les choses au prix d’un recul de la construction européenne. Chacun demande d’ailleurs un rééquilibrage entre le politique et l’économique.

AC : Terminons sur la Grande-Bretagne. Tout ça veut dire qu’elle serait membre de quoi ? D’une zone de libre échange ?

JD : Non, elle pourrait participer à l’espace économique européen que j’avais proposé quand j’étais président de la Commission (comme la Norvège par exemple) ou on pourrait avoir un accord bilatéral. Au sein de l’alliance atlantique, la coopération en matière de défense et sécurité se poursuivrait. On peut se séparer en restant bons amis et en coopérant sous une autre forme.

AC : Ca veut dire qu’il faut clarifier en 2013 ?

JD : En 2013 ou 2014. Moi pour l’instant je vous ai indiqué tout ce que la Grande-Bretagne refusait et comme on vote souvent à l’unanimité sur les projets, et bien c’est l’Europe qui stagne. Alors comment faire pour redonner l’espoir et retrouver la croissance nécessaire, s’il y a blocage continu sur les possibilités d’avancer en Europe ?

AC : Angela Merkel a fait des propositions, davantage d’intégration ; faut-il y répondre ?

JD : Je pense que oui la France doit réfléchir à cela. C’est notre intérêt. Il vaut mieux être autour de la table et décider ensemble ; que simplement subir les contraintes extérieures du traité budgétaire. Je suis donc pour une réforme du traité. Il faut doter l’UEM d’un véritable gouvernement économique, c'est-à-dire le conseil des Ministres, et de moyen budgétaires propres à la zone euro pour lui permettre de répondre à la solidarité.

AC : Mais vous savez que lorsque on parle d’intégration renforcée en France on a peur…

JD : Oui je sais. Ce serait plus facile pour moi de flatter l’opinion dans le sens qu’elle souhaite ; mais je le redis, dans l’intérêt même de la France, il vaut mieux être autour de la table ensemble et partager la souveraineté que de subir les contraintes financières venues d’ailleurs.

AC : Merci Jacques Delors ; Un souhait pour l’Europe en 2013 ?

JD : Qu’on se mette d’accord sur les perspectives financières pour les 6 années à venir et dans des conditions telles que cela permette à l’Europe de stimuler la croissance car si les Etats doivent faire de la rigueur c’est à l’Europe de donner des facteurs de relance économiques et pour l’emploi.

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