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Union de l'énergie

L'Allemagne, franc-tireur sur le nucléaire

le 02 Juin 2011 à 12:04
Article par Sami Andoura
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L'Allemagne, franc-tireur sur le nucléaire

La décision de Berlin de renoncer au nucléaire a été prise sans aucune concertation avec ses partenaires européens. Pourtant, elle aura un impact important pour le marché commun de l’énergie.

En une nuit, l’Allemagne a décidé de mettre un terme à sa production d’énergie nucléaire d’ici 2022, sans en toucher un seul mot à ses partenaires européens. D’un point de vue stratégique, l’avenir dira si le pays a raison. Juridiquement, la décision de Berlin, annoncée lundi 30 mai, est en tout cas irréprochable.

Certes, les Européens se sont fixés des objectifs de réduction d’émissions de CO2, de renforcement des énergies renouvelables et d’efficacité énergétique d’ici 2020. Mais dans le choix des énergies qu’ils souhaitent développer, les États sont maîtres chez eux.

La France en manque « Electoraliste » selon la droite française, « ambitieuse » pour les écologistes, la décision d’Angela Merkel aura quoi qu’il en soit des conséquences pour ses voisins, et l’intégration du marché de l’énergie en Europe. En Italie, la Cour de cassation a indiqué qu’un référendum sur l’utilisation de cette énergie serait organisé les 12 et 13 juin. De son côté, le gouvernement français a prévenu qu’il ne changerait pas sa stratégie sur le nucléaire, qui représente environ 80 % de l’énergie consommée dans le pays. Mais le débat est sensible dans l’opinion et les partis politiques sont plus que jamais obligés de prendre position.

Au-delà des conséquences dans l’opinion publique, la décision allemande pourrait avoir un impact sur l’approvisionnement énergétique de la France. Le ministre de l’Energie, Eric Besson, a d’ailleurs convoqué la filière nucléaire française le 9 juin, pour faire le point. Nationalisme énergétique La France importe de l’électricité d’Allemagne et pourrait se retrouver en manque, alors que la sécheresse accroît les besoins.

L’arrêt déjà décidé de sept réacteurs nucléaires allemand pourrait également poser des problèmes cet hiver. A cette période, l’Hexagone achète trois fois plus d’électricité (7GWh l’année dernière) à son voisin qu’il n’en exporte. « La décision de l’Allemagne montre un retour au nationalisme énergétique assez important en Europe, estime Sami Andoura, chercheur au think tank Notre Europe et auteur d’une étude sur l’énergie nucléaire en Europe. On peut reprocher à ce pays d’avoir pris sa décision dans son coin et de ne pas avoir joué le jeu de la coordination ».

« Depuis 50 ans, l’Europe a refusé de discuter du mix énergétique des États. Aujourd’hui c’est devenu inévitable. Chaque source d’énergie va devoir être évaluée selon ses coûts et ses avantages », ajoute-t-il. La décision de l’Allemagne pourrait avoir un impact sur le développement des interconnexions électriques au sein de l’UE.

Moins d’interconnexions ? Dans une analyse publiée par Telos, l’économiste Elie Cohen se veut optimiste : « Les choix allemand, suisse et italien d’un côté, britannique et français de l’autre, rendent nécessaire un renforcement des interconnexions électriques aux frontières et de lourds investissements dans les réseaux de transports et de distribution. Ainsi, par une ruse de l’histoire, l’Europe de l’énergie va se faire non par la voie politique de l’accord raisonné, mais par l’effet mécanique de décisions nationales prises sous l’empire de l’émotion différentielle des populations ».

D’autres experts craignent au contraire un retour à une nouvelle forme de repli sur soi. « Les interconnexions sont avant tout utilisées pour des raisons commerciales. S’il n’y a pas de coordination des États sur leurs choix énergétiques nationaux, on peut arriver, à terme, à un nouveau protectionnisme qui pourrait se manifester avant tout par une diminution de la construction d’interconnexion », estime Sami Andoura.

Le protectionnisme pourrait également survenir dans le domaine des énergies renouvelables (EnR). L’Allemagne compte porter à 30 % la part des EnR dans sa production. Or, le développement de nouvelles énergies nécessite des subventions des États. Distorsion de concurrence Le montant de ces aides est propre à chaque pays de l’UE, ce qui pourrait poser problème dans un marché européen censé être intégré. Il y a un an, la Commission européenne a proposé une coordination des tarifs de rachat des énergies renouvelables dans l’Union. Pour le moment, Berlin ne veut pas en entendre parler.

« A terme, cela va provoquer des distorsions de concurrence énormes. Et si elles sont trop importantes, il y a un risque de protectionnisme des États », explique Sami Andoura. En attendant le développement des EnR, l’Allemagne va devoir miser sur le gaz et le charbon, fortement émetteurs de CO2. Le pays va donc avoir besoin d’acheter plus de permis d’émission sur le marché mis en place par l’UE pour juguler le CO2 produit par l’activité industrielle. Mais, le nombre de quotas est limité.

La décision de Berlin va avoir un impact « non pas sur les quantités d’émissions de CO2 mais sur le prix des quotas d’émissions sur le marché », explique Arno Behrens chercheur au Center for European policy studies à Bruxelles. Enfin, on peut s’interroger sur la volonté de l’Allemagne de voir l’UE passer d’un objectif de 20 à 30 % d’émissions de CO2 dès 2020.

Berlin, Londres et Paris s’étaient déclaré favorable à ce saut qualitatif en juillet 2010. La décision n’a toujours pas été prise. A court terme, l’arrêt du nucléaire allemand va coûter cher au pays, qui pourrait bien ne pas vouloir en rajouter.

Source :http://www.euractiv.fr/energie-environnement/allemagne-franc-tireur-nucleaire-8156.html
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