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Yves Bertoncini est Directeur de l'Institut Jacques Delors depuis avril 2011. Il est administrateur ...
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Union européenne et Citoyens

Yves Bertoncini dans La Croix: « Avec l’Europe, le Royaume-Uni entretient une logique d’optimisation »

le 21 Novembre 2012 à 10:26
Entretien par Yves Bertoncini
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Yves Bertoncini : « Avec l’Europe, le Royaume-Uni entretient une logique d’optimisation »

La Croix, 21/11/12


Contrairement aux pays fondateurs de la construction européenne, Londres a pesé les avantages et inconvénients avant de rejoindre l’UE. Le directeur du groupe de réflexion Notre Europe – Institut Jacques Delors, Yves Bertoncini analyse l’évolution des liens entre le Royaume-Uni et l’Union européenne.


Pourquoi le Royaume-Uni entretient-il des relations si complexes avec l’Union européenne ?


Yves Bertoncini : Le Royaume-Uni est une île, qui a été à la tête d’un empire, a toujours regardé vers le large, a des intérêts spécifiques et une relation propre avec les États-Unis. Cette dimension impériale est aussi fondée de longue date sur l’économie et sur la finance. C’est aujourd’hui le pays de l’Union qui commerce le moins avec les autres États membres.

Il réalise plus de la moitié de ses échanges avec des pays qui n’appartiennent pas à l’UE. C’est significatif. Cela explique qu’il n’ait pas rejoint l’Union à ses débuts. Mais dès qu’il a constaté que la construction européenne partait sur de bons rails, il a demandé à y entrer. Il s’est ainsi retrouvé dans la position actuelle, un pied dans l’Union, un pied au dehors.


Considérez-vous que le Royaume-Uni applique une logique utilitariste avec l’UE ?


Oui, c’est ce que j’appelle la logique d’optimisation. Lorsque l’on considère les liens entre l’UE et les États membres, il y a quatre logiques. Celle de la projection, appliquée par la France, qui veut être, avec l’UE, la grande puissance qu’elle ne peut plus être seule. Une logique de rédemption, qui concerne l’Allemagne, qui cherche à se racheter de son passé.

Une logique de sublimation, s’appliquant aux pays qui ont connu une expérience politique douloureuse, comme le Portugal et l’Espagne hier, les pays d’Europe centrale plus récemment, pour lesquels l’adhésion à l’UE a représenté un objectif cardinal permettant une amélioration politique et économique.

Et il y a la logique d’optimisation, qui est celle de la Suède, du Danemark, de la Finlande ou du Royaume-Uni. Ces pays n’ont pas été membres de l’UE dès ses débuts alors que, en tant que démocraties, leur situation politique leur aurait permis d’y entrer. Leur démarche d’adhésion n’a pas été passionnelle. Ils se sont au contraire posé la question de manière rationnelle, en mesurant les avantages et les inconvénients. Cela se traduit aujourd’hui par les dérogations dont bénéficient certains d’entre eux, comme le rabais britannique sur le budget de l’UE.


L’euroscepticisme, aujourd’hui, outre-Manche tient-il seulement à la classe politique au pouvoir ou est-il ancré dans le pays ?


Si l’on regarde les sondages, c’est certain, l’opinion britannique est la plus eurosceptique d’Europe. Une partie de la presse s’en donne à cœur joie. Mais ce sentiment est plus ou moins exploité politiquement. Il y a un climat de crise au Royaume-Uni, le pays est en grande difficulté économique et financière, et il est pratique de détourner l’attention sur l’UE.


Mais le Royaume-Uni n’est-il pas plus proche d’une sortie de l’UE que d’habitude ?


J’ai rencontré des hauts fonctionnaires britanniques. Aucun d’entre eux ne m’a dit cela. Mais pour ce qui concerne l’Union économique et monétaire, ils ne veulent pas aller plus loin dans la solidarité comme dans le contrôle. C’est pour cela que le Royaume-Uni n’a pas signé le traité budgétaire.

Il en va de même pour le projet d’union bancaire. Et il n’est pas plus surprenant que Londres refuse la taxe sur les transactions financières. Cela ne signifie pas que l’on se dirige vers une sortie du Royaume-Uni. En revanche, l’on va peut-être vers une renégociation de certaines clauses qui lient ce pays à l’UE. Ce qui va jouer, c’est la situation de la zone euro dans deux ou trois ans. Plus elle sera attractive, moins le Royaume-Uni voudra s’en éloigner.


Recueilli par Marianne Meunier
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