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Bertrand de Largentaye

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Réunion annuelle des Nations-Unies : un rendez-vous manqué

le 03 Janvier 2007 à 15:15
Tribune par Bertrand de Largentaye

2005 marque le soixantième anniversaire de l'organisation. La réunion annuelle de septembre était particulièrement attendue. Elle devait notamment être l'occasion de décider des moyens pour atteindre les huit objectifs de développement du millénaire, cinq ans après la fixation desdits objectifs et à dix ans de l'échéance

 

  • de donner suite aux recommandations du rapport du groupe à haut niveau sur les menaces, les défis et les changements préparé sur la demande du secrétaire général pour rendre à l'organisation sa pertinence et sa fonctionnalité en la resituant au coeur du dispositif de la sécurité collective de donner un nouvel élan aux campagnes contre la prolifération nucléaire et pour le désarmement.

  •  

 

Pas plus la déclaration finale, qui a sans doute néanmoins le mérite d'exister, que les propos du Président Bush sur les origines du terrorisme, qui témoignent d'une approche nouvelle et plus ouverte de la problématique de la sécurité, ne sauraient dissiper le sentiment de frustration et de déception qui prévaut à New York et dans le monde à la fin de ces trois jours de réunions. Pour ce qui est des moyens d'atteindre les objectifs du millénaire, la déclaration ne va guère au-delà des points qui avaient déjà été agréés lors de la dernière réunion du G-8, à Gleneagles, s'agissant notamment de la nécessité de tirer un trait sur la dette de certains pays en développement, de doubler l'aide à l'Afrique, et d'annuler, pour la première fois dans l'histoire, une dette multilatérale.

 

Les huit objectifs du développement du millénaire ont été établis en se référant aux chiffres de 1990 :

 

  1. réduire de moitié la proportion de la population dont le revenu est inférieur à un dollar par jour (27,9% en 1990, 21,3% en 2001) et réduire de moitié la population souffrant de malnutrition permettre à tous les enfants d'achever un cycle d'études primaires (le taux de scolarisation à l'école primaire dans les pays en développement est passé de 80% en 1990-1991 à 83% en 2001-2002) éliminer la disparité entre filles et garçons dans l'enseignement (le ratio filles/garçons à l'école primaire dans les pays en développement est passé de 87% en 1990-1991 à 92% en 2001-2002) réduire des deux tiers le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans (dans les pays en développement le taux de mortalité infantile était de 105 pour mille en 1990 et encore vde 88 en 2003) réduire des trois quarts le taux de mortalité maternelle (450 pour 100.000 naissances dans les pays en développement contre 14 dans les pays développés) enrayer la propagation du sida, du paludisme et d'autres maladies assurer un environnement durable, en réduisant notamment de moitié la proportion de la population qui n'a pas d'accès à l'eau potable mettre en place un partenariat mondial pour le développement.

  2.  

 

Dans l'état  actuel des choses aucun de ces objectifs n'a la moindre chance d'être atteint, même si, depuis le sommet de Monterrey en 2002, où l'objectif d'une aide équivalente à 0,7% du PNB avait été confirmé, l'aide publique au développement (APD) est bien repartie à la hausse, atteignant l'an dernier 78,6 milliards de dollars, ou 0,25% du PNB des donateurs.

 

Le rapport du groupe à haut niveau avait commencé par retenir une définition large du concept de sécurité et avait examiné en conséquence non seulement les menaces correspondant au terrorisme et aux armes de destruction massive, préoccupation première des pays développés, mais aussi les menaces que font peser sur la sécurité collective les désordres de nature économique et sociale, préoccupation principale des pays en développement. Le point d'équilibre auquel le groupe avait imaginé de parvenir supposait l'acceptation de mesures préventives de lutte contre le terrorisme par les pays en développement,  et, en contrepartie, un plus grand engagement en faveur des objectifs du millénaire de la part des pays développés. Le groupe avait formulé aussi des propositions relatives à la réforme des structures de l'ONU, et du Conseil de sécurité en particulier. Le projet de réforme des structures de l'ONU avait soulevé les plus grands espoirs, surtout chez ceux, comme Jacques Delors et Pascal Lamy, qui prônent une plus grande régulation à l'échelle planétaire pour maîtriser, et compenser les effets négatifs, de la mondialisation. Jacques Delors avait lancé, il y a plus de dix ans, l'idée de la création d'un Conseil de sécurité économique, qui aurait reflété les réalités du monde contemporain et qui aurait pu, à terme, assumer un rôle de coordonnateur, voire d'arbitre, entre agences spécialisées de l'ONU, ou en cas de conflit entre préférences collectives différentes. l'ambassadeur Dejammet avait plaidé de son côté pour la transformation du Conseil de tutelle en un conseil qui aurait reçu pour mission nouvelle de créer des structures étatiques efficaces et solides là où elles ont disparu.

 

Les résultats sont décevants. Une réforme prochaine du Conseil de sécurité est, certes, promise, mais le Japon, l'Allemagne, l'Inde et le Brésil ne sont pas parvenus à obtenir les sièges permanents qu'ils revendiquaient. Aucun accord n'est intervenu sur une définition sans équivoque du terrorisme, demandée par les Américains. Le passage sur la sécurité collective ne traite pas du recours à la force à titre de préemption, que ce soit pour le justifier ou pour le condamner. La réforme du Conseil de tutelle n'a pas vu le jour, même si une commission pour la construction de la paix a bien été créée pour superviser la reconstruction de pays sortant de situations de conflit. Pour le secrétaire général, la plus grande déconvenue a trait à l'absence de progrès sur la non-prolifération, le désarmement et les critères justifiant le recours à la force, due à l'opposition des Etats-Unis et au scepticisme des pays en développement. On notera aussi l'absence de référence à la Cour Pénale Internationale.

 

Quelques avancées doivent cependant être reconnues. La doctrine westphalienne de la souveraineté des Etats-nations a été ébréchée avec ce qui apparaîtra sans doute, avec le recul du temps, comme l'émergence d'une doctrine nouvelle, celle de la responsabilité de la protection. C'est Gareth Evans, ancien ministre des affaires étrangères d'Australie, et membre comme Robert Badinter, du groupe à haut niveau précité, qui peut être considéré comme le père de ce concept nouveau, qui s'apparente à celui du droit, et même du devoir, d'ingérence pour prévenir les génocides. La commission des droits de l'homme, qui avait été discréditée par le rôle qu'y avaient joué des pays comme la Syrie, Cuba, la Libye et le Soudan, sera remplacée par un Conseil des droits de l'homme, qui devrait inspirer davantage le respect, même si sa composition demeure incertaine.

Les Nations unies ont été mises en cause à plusieurs reprises, et presqu'en tant que telles, par le nouvel ambassadeur américain auprès de l'Organisation, M. John Bolton. Son secrétariat a été secoué par les révélations et les conclusions du rapport Volcker, du nom d'un ancien président de la Réserve Fédérale américaine, qui a mis en lumière des dysfonctionnements graves et nombreux sans critiquer à titre personnel le secrétaire général lui-même.

 

2005 restera l'année d'un rendez-vous manqué. La réforme sera toujours  à l'ordre du jour mais on peut craindre qu'une occasion comme celle de la réunion qui vient de s'achever ne se représentera pas de sitôt.

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