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Union européenne et Citoyens

Stephen Boucher et Henri Monceau: Les décideurs politiques français hésitent à sonder l'opinion publique

le 09 Octobre 2007 à 13:49
Article par Stephen Boucher et Henri Monceau
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Article paru dans Europe's World, Autumn 2007.


2007 est-elle l'aube d'une ère nouvelle concernant la participation des citoyens? En France, comme dans le reste de l'UE, la question se pose. Lors des élections présidentielles françaises, la candidate socialiste Ségolène Royal a beaucoup parlé de "participation". "Débats citoyens", site web interactif pour rassembler les propositions des électeurs, promesse d'organiser des "jurys citoyen" pour évaluer l'action des élus"¦ Pourtant, on risque de se souvenir de tout cela comme d'une tactique électorale de courte durée, conçue, certes, pour donner une impression d'innovation et d'ouverture, mais sans grand résultat concret. Ces propositions ont suscité intérêts et controverse, mais n'ont pas pris racine. La défaite socialiste est passée par là "¦


Plus généralement, la participation citoyenne en France n'est pas encore devenue un outil politique crédible. Celle-ci est considérée avec suspicion, comme une manipulation démagogique. On retrouve le même point de vue dans plusieurs autres pays de l'UE, bien que le Danemark et le Royaume-Uni aient organisé beaucoup de débats citoyens de qualité.


La participation active des citoyens au processus de décision politique fait partie intégrante de la démocratie. Elle favorise une citoyenneté active, contribue à la richesse du débat et peut même améliorer le processus d'innovation en amenant de nouvelles expertises. Voilà pour la théorie"¦


En pratique, la participation des citoyens se limite essentiellement à glisser un bulletin dans l'urne. Autoriser les citoyens à façonner la politique ou même à participer directement au processus de décision est souvent considéré comme dangereux. Les citoyens ne disposeraient pas des informations voulues. Ils manqueraient de temps pour réfléchir aux problèmes de plus en plus complexes concernant l'intérêt général.


Ce point de vue implique que les budgets participatifs et la consultation des citoyens soient adaptés au niveau local. La dimension et l'impact des propositions peuvent alors être appréhendés. Consulter des citoyens sur des sujets aussi complexes que la structure des institutions européennes? De la pure folie, selon la plupart des analystes, étant donné le résultat du référendum de 2005 en France.


Mais ne pourrait-on pas trouver de nouvelles méthodes afin de permettre à la participation citoyenne de jouer un rôle utile, peut-être même au niveau transnational?


Cette année, nous avons déjà vu l'application d'une partie du "Plan D" sous l'égide de la Commission européenne. Le but: promouvoir la démocratie au niveau de l'UE. Mais il semble que les initiatives que comporte le Plan, aussi bien intentionnées soient-elles, ne serviront pas à grand-chose. Elles ne répondent pas à 3 questions essentielles:
- Il est difficile d'impliquer les gens qui n'ont pas déjà une idée toute faite. Les europhiles et les eurosceptiques sont faciles à trouver, mais comment parvenir à impliquer les gens ordinaires à tous les niveaux de la société?
- Est-il possible d'avoir une véritable délibération (qui déboucherait sur une nouvelle approche) ou va-t-on assister à la reproduction de ce que les hommes politiques savent déjà (à partir des débats qui ont déjà eu lieu, de contacts avec des groupes spécialisés et des sondages Eurobaromètre)?
- Enfin, qui s'y intéresse? On peut observer que les récents débats n'ont pas réussi à attirer l'attention des décideurs politiques et n'ont pas apporté grand chose quant à ce que l'Europe devrait faire.

Pourtant, il y a peut-être une solution. Une méthode de sondage rigoureuse permet de constituer des panels de citoyens véritablement représentatifs. On peut organiser des débats qui dépassent la polarisation, afin qu'un authentique échange d'idées ait lieu. C'est ce que Deliberative Polling ® cherche à réaliser.


Après avoir reçu des informations objectives sur une question, un échantillon représentatif de la population est réuni pour plusieurs jours de débats. L'opinion des participants est mesurée avant et après les discussions. On trouve systématiquement une évolution significative. Comme il s'agit d'un échantillon réellement représentatif, cette évolution fait office de miroir de la société et bénéficie d'une couverture médiatique importante. C'est pour ces raisons que les décideurs politiques prennent ces changements d'opinion au sérieux.


Avec l'application de la méthode Deliberative Polling ® au-delà des frontières nationales, il est possible de commencer à comprendre ce que les citoyens voudraient pour l'UE, s'ils pouvaient se réunir tous ensemble et entendre les différents avis. Que nous ayons voté pour M. Sarkozy ou pour Mme Royal, que nous soyons favorables ou pas à l'UE, nous devrions tous être d'accord sur l'intérêt de cette démarche.
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